Le tapis sent la sueur des autres, la pisse et le vieux sang.

L’arbitre braille ses chiffres, sa salive me claque au visage. Qu’il compte. Le gamin en face me rend vingt ans : je reconnais ma jeunesse dans son regard noir et ses dents trop blanches. Le dernier direct a fait un bruit de plâtre qui casse. Ma mâchoire est de travers, l’arcade pisse un jus chaud qui m’aveugle. Il croit m’avoir brisé. Il n’a choqué que de la viande.

Je me suis obstiné à tort, une mécanique de brute idiote, à chercher la douleur comme on cherche une issue.

Ce matin, elle a plié ses jupes. Marre de ramasser mes dents dans le lavabo. Marre de ce visage qui s’écrase un peu plus à chaque loupé. Elle a dit : “Tu es un idiot. Je te comprends pas. Ce sera sans moi.” La lucidité des femmes.

Je reste sur le flanc, les poumons bloqués, le foie en feu. Le public hurle, il veut voir le sang couler jusqu’aux chaises. Mais je ne suis pas mort. Sous la douleur qui cogne, je savoure le silence qui vient. Plus de cloche, plus de côtes fêlées, plus de viande meurtrie.

Elle est partie, la gloire aussi. C’est le grand nettoyage. Vodka sur les plaies. J’ai tout perdu.

C’est là que ça devient intéressant_

Laisser un commentaire