C’est un carnet
La couverture est souple
Peau sombre qui a pris le pli de la main
À l’intérieur, le papier attend
C’est un blanc mat, neige vierge à fouler
C’est un stylo-plume
Un axe de métal et de résine
Assez d’encre ? Qui sait
Une réserve de possible
L’esprit s’efforce
Il cherche une entrée, un angle
Il invente une rue, un homme à haïr, une femme au regard noir
N’importe quoi. Conter l’histoire ne compte
C’est le contact de la plume sur le grain bientôt noirci
Léger crissement, résistance du papier qui accepte la trace
C’est une calligraphie pour ne pas sombrer
Ecrire des poèmes qui n’ont pas de titre
Tu le sais : les titres sont souvent décevants
Juste des suites de mots pour voir la ligne s’allonger
Le geste précis trahit l’état d’esprit. Tant mieux
Tant que l’encre coule, personne ne perd tout à fait
Puis refermer le carnet
La ligne est écrite, comme sniffée
L’objet est un peu plus lourd
Le poids va densifier le manque
Des signes pour biffer le vide_

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