On naît avec une étiquette autour du cou
Et un ciel gris qui nous sert de plafond
On n’apprend pas à lire, on apprend à mordre
Dans le pain dur et dans le cul des filles tristes

Fatalitas

Le premier malheur, c’est le réveil
Cette gueule de bois qui pèse un sac de ciment
Et la certitude que la journée sera une insulte
On finit au turbin, ou au trou, c’est selon
Mais au bout, y a toujours le même mur de briques

Puis y a eu Mado
Celle qui sentait la pluie de printemps et l’imprudence
Partie avec un mec qui avait des chaussures cirées
Pendant que je bouffais la poussière à Cayenne
J’ai gravé son nom sur mon bras
Puis je l’ai barré d’une croix noire
On ne bousille pas la peau pour les souvenirs
On la bousille pour qu’ils arrêtent de nous brûler

Le bagne, c’est pas les chaînes
C’est le silence des types qui n’attendent plus rien
On regarde la mer en buvant du vitriol
On sent le 13 qui nous gratte le plexus
Et on attend que la faucheuse vienne ramasser les mises

La vie nous a pas ratés
Alors on lui rend la monnaie de sa pièce :
On s’écrit notre propre fin sur le bide
En lettres vides, comme nos assiettes
Juste pour dire qu’on a bien compris la plaisanterie :

Fatalitas_

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