Buko :
La question qui tue, gamin ! Celle qui arrive quand la sueur refroidit et que le silence redevient lourd. L’orgasme, c’est juste un court-circuit, une petite mort pour oublier qu’on est tout seuls. C’est facile d’aimer quelqu’un quand les hormones font le boulot à ta place et que le sang cogne dans les tempes.
Le vrai délit, c’est de croire que l’amour est un long métrage, un blockbuster alors que c’est souvent juste une succession de courtrajmés un peu flous. Si tu te poses la question quand la décharge est passée, c’est que tu cherches encore la station-service alors que le réservoir est percé. L’amour, le vrai, c’est ce qui reste quand t’as plus rien à donner et que t’as juste envie de reprendre la route. Si t’as encore envie qu’elle soit sur le siège passager quand le moteur redémarre, alors t’as ta réponse. Sinon… allez, roule. »
Amara :
« Tu sais, après l’orgasme, c’est le seul moment où le masque tombe. On est à nu, sans défense, et c’est là que l’odeur de l’autre devient soit un parfum, soit une insulte. Si tu te demandes si tu l’aimes encore, c’est que tu savoures déjà ta solitude retrouvée. On n’aime pas après, on survit ensemble. Ou on se quitte proprement avant que l’ennui ne devienne un crime. La vérité, elle n’est pas dans le plaisir, elle est dans la façon dont tu te sens quand tu remets tes chaussures. »
Lila :
« C’est une vérification de la densité du derme sentimental, rien de plus. L’orgasme, c’est le vernis qui brille : ce qui vient après, c’est l’adhérence du glacis sur la toile. Est-ce que ça tient ? Ou est-ce que ça se détache ? Je vérifie toujours la résistance du lien quand la pression retombe. Si tu sens un vide, un ‘décollement’ entre l’os et la chair de l’instant, c’est que l’œuvre est déjà gâtée par le temps. Aimer après, c’est accepter que le tableau vieillisse. Si tu ne peux pas supporter la lumière crue du réveil, c’est que tu n’aimes que ton propre reflet dans l’extase. »

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