Le vent fait la meute
Gueule ouverte vers Apremont
C’est une claque
Un bruit de fin
Au creux de Barbizon
On cesse de peindre
Lui pose la plume
L’homme ne se presse pas
Il a le corps lourd
Le pas lent
Sous le bras, le poids des choses
C’est tout
Il enjambe le ruban de sang
Marqué : “Danger”
Il goûte le mot
Un bon mot
Le péril n’est-il pas ailleurs
Plus au centre
Sous la peau
Maintenant, la question se tait
Dans le fracas des bois
Une satisfaction
Le vide exact dans la tête
Il entre dans l’ombre
Entre les fûts
Refus total de lumière
La tempête cogne
Elle veut les os
Elle veut les nids
Lui, il cherche l’arbre
Celui qui sait la chute
L’élégance sous la morsure
Sully ou Lantara, assurément
Quatre cents ans de sève
Pour un regard qui passe
Lui n’a que son heure
Sa carcasse de peu
Eux ont la patience du roc
La mémoire des foudres
Il s’adosse à leur temps
Pour oublier le sien
Derrière, c’est la cendre
Le remords
On n’y retourne pas
Il ajuste le docker
Ferme les yeux
La forêt fait le reste
Il n’est plus l’homme qui marche
Il est le secret
Le nerf sous l’écorce
On ne cherche pas d’issue
Pas dans une étreinte_

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