Vingt centimètres de pureté, de la ouate de cristal
Le monde est enfin devenu un désert vertical
Plus de bagnoles qui crachent, plus de voisins qui braillent
La neige a flingué le moteur de toute cette racaille
Je regarde par la vitre, mon café brûlot à la main
Le village est enterré sous un linceul divin – halleluyah
Aucun bus, aucun train, aucun démarcheur en vue
La paix est tombée du ciel, épaisse et bienvenue
C’est que c’est traître, la neige, pour celui qui s’égare
Ça ralentit le pas, ça essouffle les gaillards
Si un con s’aventure à venir frapper à ma porte
Il aura l’air d’un pingouin que le courant emporte
Je le verrai venir de loin, pataugeant dans le blanc
Une cible qui se détache, un point noir et lent
Le flingue est chargé, l’huile est fraîche, le canon brille
La neige, c’est le paradis pour qui veut faire des quilles
S’il s’approche trop près, s’il vient me faire chier
Je lui offrirai du plomb avant qu’il puisse supplier
Dans ce grand silence sourd, un coup de feu, c’est joli
Ça ponctue le paysage et ça termine l’ennui_

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