Le rideau de velours est tiré
Le ring est prêt, baigné de rose
Je souris à l’objectif, automate
Je vends du rêve à la découpe

Au milieu des pseudos qui défilent
Un nom s’est accroché à ma peau
Il ne hurle pas avec les autres
Il ne demande pas le fracas des corps
Il est là, simplement là
Une présence muette au fond du chat
Le compteur indique sa fidélité
Un silence qui pèse plus lourd que les cris

Les jours glissent et le doute infuse
Il connaît l’angle de mon étagère
Il a remarqué le livre qui prend la poussière
Ses questions sont des aiguilles de glace :
“Il pleut aussi chez toi, n’est-ce pas ?”
Je scrute le reflet dans ma fenêtre
Cherchant l’ombre derrière le verre
Le décor devient une cage… de verre
Chaque pourboire tombe comme un verrou
Il n’achète pas mon temps
Il achète mon espace, cm par cm
Je sens son regard sur le grain de mon cou
Il ne regarde plus la camgirl
Il cherche la femme sous le fard
Il traque le bruit d’une voiture dans la rue
Le craquement du parquet sous mes pas
Ma chambre n’est plus mon sanctuaire
C’est un studio ouvert sur le vide
Où chaque détail devient une piste

Je débranche la prise, le noir se fait
Mais dans l’obscurité de la pièce close
Je devine ses yeux, de l’autre côté
Qui attendent que je me rallume_

Laisser un commentaire