Le vieux en blanc, au dessus de tous, lève les mains sur l’écran catholique, il bénit la ville, le monde et les pigeons de la place, pendant que je chasse le fantôme d’un décapsuleur sous mon lit. J’y retrouve mon stylo-plume et ça finira par une rayure de plus sur mon Zippo. Rome est loin, l’espoir est une ruse pour les pauvres types qui croient encore que le ciel va descendre dans leur assiette.

Le vieux en blanc, si loin de tous, fait semblant d’y croire parlant de paix à des gens qui s’entretuent pour un parking. Il parle d’amour à des cœurs secs comme mes ramen déshydratés. La bénédiction s’arrête là où le béton devient toxique. Dehors, le monde reste une arène de chiens de la casse, et aucune prière en latin ne remplira ma tasse.

Bénis plutôt les serveuses fatiguées, les turfistes qui ont tout misé sur le mauvais canasson, les clochards qui dorment sous les ponts du Tibre et, pourquoi pas, les tocards perdus au marché de Noël d’un poème précédent. Eux, pour la plupart, connaissent la vérité du bitume. Le reste n’est qu’un décor de théâtre qui s’enfume, une parade de carton pour les touristes en costume_

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