
Laissez-moi vous donner la scène
Un tableau sans aucune haleine
Film de nuit, image figée
L’histoire est déjà engagée
Ses bottes noires, polies par l’attente
Un costume tranchant et sa tente
Un chapeau blanc, peut-être, pour le bluff
Mais le cœur était à l’épreuve
Jack n’était pas un homme de délai
Qui troquait la minute pour monnaie
Nul héritier pour noircir le sillage
Rien que le bois de chêne et son courage
L’argent, c’était la soif ultime
Nappée de miel, trempée dans l’amertume
Loin des prêtres, loin des mains légitimes
Dans un bloc de fer, le sceau d’une coutume
Il tenait son trésor, l’avait bien fait
Les voleurs à la porte, c’était l’effet
Mots de passe ? Une fable ancienne
De rage et d’éponge, le pied s’est fâché
Contre l’objet qui saigne
Ce matin-là, la mécanique était viciée
Un pas de trop, bien avant l’heure usée
L’aiguille des songes à peine effleurée
Et déjà le fiel dans l’artère entravée

Point de chance. Point de fil à tirer
Il l’avait dit, à ce qu’on rapporte
Que tout lui passait par-dessus la morte
La furie, elle monte comme un alcool fort
Un train sans signal, au bord du port
Or, la seule béquille, l’unique rémission
Dormait, blindée, dans la concession
Projection soudaine au milieu du film
La sueur au front, le sang qui s’abîme
Ce n’est pas le plomb, non, mais cette quincaillerie
Qui fait basculer l’homme dans la tuerie
Ce coffre était sa fêlure, son tourment
Lui qui s’était cru maître, l’Altesse des Codes
Il frappa l’acier, de tout son mouvement
Petit poing de pied contre ces modes
Il frappa l’objet, de rage d’un coup franc
Ignorant le temps qui, lentement, s’épuise
Que ce coup de botte, simple coup de sang
Signait la fin de ses emprises_
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